Cela fait maintenant 15 jours que la 28ième Pierra Menta a eu lieu. Rassemblement mythique pour tous les fans de ski-alp’, passage obligé pour tous compétiteurs qui se respect. C’est LA course de la saison tellement c’est dur mais aussi tellement l’ambiance y est belle et unique. C’est durant 4 jours, en binôme que les équipes s’affrontent sur un parcours alpin et exigeant qui cette année s’est vu quelque peu modifié du a des conditions nivologique compliquées et une météo incertaines. Au passage, chapeau bas aux traceurs qui ont du en baver une semaine durant.

La Pierra Menta vue de l’intérieur pour Mathilde Bonnefoi et Salomé Candela qui participaient pour la première fois au 4 jours de courses.
J1
Ca y est ! C’est le grand jour ! On c’est préparé pour ça, on a jamais été aussi à fond pour une course que pour la celle là ! Cela fait trois jour qu’on est dedans ! Le départ me fait très très peur… Déjà, parce qu’on part en deuxième ligne, on a craint peu se faire piétiner, et je sais que je suis plutôt un diesel…
Bref, c’est le start, ça part encore plus vite que ce que je craignais, au bout de trois pas, je suis complètement dans le rouge… C’est un peu la cohue au bout des 100 premiers mètres pour la manip mais Mat nous emmène correctement et zou.
La première montée est abo… Je vois Mat tellement large, elle bidouille un peu de partout et j’ai une lueur d’espoir, va t elle sortir l’élastique ? Mais non, on c’était dit, pas de tire fesse avant les deux derniers jours et elle le respect… Aie, je vais devoir continuer à être vraiment très très mal… A la fin de la première vraie montée, on est presque avec le serre file… Ouille! Heureusement, ça commence à descendre, on double cinq équipe de fille et on fait la manip de repotage avec deux autres… Ensuite, ça va mieux, le moteur est lancé.. Je passe devant pour donner le rythme, avec un peu la pression d’une Mat tranquille derrière mais finalement, ça lui convient.. On remonte au fur et à mesure, et dans le portage, on est pas loin derrière une autre équipe de fille… J’envoie un peu à la descente, cool , Mat me suis ! Dans la dernière descente, je lâche tous, mais quand je me retourne, plus de Matoo, ses cuisses l’ont lâchées.. On se met un méga taqué pour le dernier talus mais ça passe pas et on finis juste derrière, en dixième position…
J2
Cool, aujourd’hui, je ne me suis pas refroidit ! Du coup, le départ passe nettement mieux, et c’est dans un super rythme qu’on entame la première bosse avoir trottiner dans Arêches. J’ai vraiment la patate et Mat aussi ! C’est bon ça ! On se fait deux super montée, puis on rejoint notre champion olympique Gwendal et son partenaire qui fait office de remontée mécanique… Quelques bosses plus loin et un petit 30 km, après une belle descente avec la mat dans mes skis, on part pour cette dernière montée… En plein soleil ! Mat passe devant, donne le rythme.. Derrière, j’essaie de me concentré sur la pateusité de ma gorge pour ne pas me lyophiliser.. Le fan club de Gwendal nous encourage et on arrive péniblement en haut. Puis c’est partie pour une descente en thème arbres et bosses… Mat ne suis pas mes rebond et les arbres défile vite… Du coup, je m’accorde le luxe et le privilège de m’arrêter pour attendre ma coéquipière et j’en profite pour me moquer de l’esthétique du compétiteur dans les descentes… Ca a beau aller vite et être efficasse, on ne ressemble vraiment a rien ! Encore une super journée, on gagne deux place au classement, une équipe au top homogène !
J3
Encore un réveil matinal à 5h pour un départ à 7h… Le Gatosport est de plus en plus dur à avaler… Le départ est juste atroce : « dré dans le pentu » par la piste ! Après cette montée sèche non loin du « balai », fidèles à nos départs très explosifs, on se retrouve assez vite bien placées. Un border cross et 119 sapins plus bas, on a doublé un paquet d’équipes de bonhomme dans cette descente où Salomé pilote plutôt très bien. Ensuite vient un très long plat où on se refait doubler puis 80 conversions intemporelles où l’on s’en sort très bien… Dans cette 2ème bosse, Salomé donne un rythme rapide mais régulier qui va bien. A l’antécime c’est juste énorme le monde, je ne m’attendais pas à ça ! Entre 2 souffles, Salom me dit « regarde! » en me pointant du doigt ma prétendue barre rocheuse horizontale… Mais les cailloux bougent… Ils s’avèrent que ce sont des spectateurs ! Et y’en a pas qu’un peu ! ça nous motive énormément, obligées d’accélérer devant tout ce monde ! On restera 8ème pour cette journée démente.
J4
Bon aujourd’hui je me doutais bien que je n’avais pas la forme du premier jour mais… pas à ce point là ! Au bout de 200m, mes deux bouts de bois n’avancent pas, je suis désespéramment Salomé en ayant l’impression qu’on fait du 2000m/h… je me doute bien qu’on y est pas tout à fait. Et pourtant plus les minutes passent et plus j’ai l’impression qu’elle accélère la tigresse… En regardant les courbes plus tard, nous avons gardé le même rythme tout du long ! Après cette première bosse de 800m, vient une petite descente où on gratte encore quelques équipes. Puis c’est les 700m les plus longs de ma vie. Salomé mène un petit paquet d’équipes hommes qui se calent sur sa régularité : c’est joli à voir, les équipes restent derrière sans nous doubler
Malheureusement, l’élastique est enroulée autour de moi et je n’ai absolument pas la présence d’esprit d’effectuer la moindre manip sans m’écrouler. Bref c’est très dur, Salom m’encourage beaucoup, un gentil espagnol me pousse dans le portage tandis que Salom me tend son baton quand la marche est trop haute. A la descente, Salomé trépigne et cueille les marguerites pendant que mes cuisses hurlent à la mort ! Bon ça valait le coup de se dépêcher car on maintient notre 8ème place et finissons à 1min des 7ème sur cette étape !
Superbe course ! Et je ne parle pas de la coéquipière…!
Le film de la Pierra Menta 2013