Mathilde Bonnefoi nous livre à chaud sa première Pierra Menta des Jeunes au travers un résumé comme si vous y étiez!!!
Nous arrivons à Arêches-Beaufort vendredi vers 16h pour cette 17ème édition de la Pierra Menta des Jeunes. Nous allons directement récupérer nos dossards et faire contrôler le matériel avant d’aller au Vacanciel où nous logerons pour ces deux jours. Le soir, on fait les sacs, étudions le parcours, choisissons nos peaux et au lit à 21h !
J-1
Levé 6h pour un départ le samedi matin à 8h30 pour les jeunes… Nous voilà tous à 8h15 sur la ligne de départ quand tout à coup, le coup de klaxon, la banderole tombe et tout le monde s’affole pour partir en tête… il semblerait que ce soit le départ ! C’est parti très vite, n’étant pourtant pas si mal placées on se retrouve vite coincées dans un passage un peu raide, en neige fraîche et glissante et surtout trop étroits pour les 150 coureurs… On se fait bloquées 5min, sortons enfin de ce piège et c’est partit pour la 1ère montée de 631m qui en paraîtra plus.
Salomé, tombé malade jeudi a du mal à respirer… On sort l’élastique et je me mets devant. L’élastique est surtout psychologique et il sera rarement tendu. Petite descente de 100m où Salomé part droit dans la pente… on s’aperçoit rapidement que nous sommes plus rapides que les deux autres équipes avec qui nous sommes toutes proches à la montée, une équipe de catalanes et une autre équipe française nous ayant doublé dans la 1ère montée… après notre départ un peu trop rapide.
La course continue avec la 2ème montée où j’aide tant bien que mal Salomé avec l’élastique, puis un portage finira cette montée suivie d’une descente de 600m qui nous permettra de ne plus voir du tout l’équipe de françaises et de nous rapprocher de très près des catalanes. On fera d’ailleurs la dernière montée de 300m juste derrière elles en essayant de ne pas agrandir l’écart, avec l’élastique qui nous permet de rester skis dans skis. Et enfin ce qu’on attendait arrive, la descente de 1200 m, très technique, limite dangereuse dans une pente très raide où les rigoles formées laissent place à des coulées de neige qu’il faut soigneusement éviter pour ne pas finir fauchées ! Je me mets dans les skis de Salomé, très à l’aise dans la descente, elle fait la recherche d’itinéraire ce qui me permet de m’économiser n’étant pas rassurée par le profil de cette descente. Nous franchissons la ligne d’arrivée où nous avons donc repris 4min sur les catalanes !
Il y a un gros écart entre les 2èmes et nous donc rien à regretter ! On finit à la 3ème place avec un peu moins de 3min d’avance sur nos rivales catalanes… Il ne va rien falloir lâcher demain pour conserver cette place !
J-2
Aujourd’hui le départ est donné à 8h pour les jeunes, 1ère montée de 783m… et là ça part encore bien plus vite que hier ! Voulant suivre le rythme extrêmement rapide du start, on part à bloc… Je m’en veux d’avoir imposée un rythme trop rapide au début puisqu’on se fait rattraper à la fin de cette montée par les catalanes, toujours à nos trousses.
La deuxième montée est très dure, Salomé fait désormais de l’apné à cause de sa mauvaise crève et je commence vraiment à couiner ! L’élastique est là, lorsqu’il se tend, je n’ai plus la force de tirer, je ralentis. Il me semble qu’il a un grand rôle psychologique : cela l’aide à ne pas décrocher et moi il m’oblige à ne rien lâcher.
Heureusement, après le portage marquant la fin de la montée où nous sommes littéralement vidées, la descente arrive… je crampe dans la descente et rate la manip de re-peautage pour 40 petits mètres de dénivlé que je ferais à l’agonie derrière Salomé qui a récupéré pendant cette descente et est bien décidée à envoyerdu grospour ces 800m de dénivelé négatif !
Cela ne manque pas, à peine les peaux enlevées, je la vois partir à fond vers la forêt, au début je la suis, j’ai un peu plus de mal dans les bosses où elle se retourne régulièrement pour me guetter. Et à la sortie de la forêt… deux combinaisons rouges devant nous, les catalanes ! Par un habile choix d’itinéraire de Salomé que je suis à la trace, on se retrouve devant elles en 30 secondes, un instant magique de doubler à la descente, on a presque l’impression que c’est illégal !
C’est la ligne d’arrivée peu après, nous finissons donc 3ème au total sur ces 2 jours. Malgré une Salomé malade qui a tout donné, notre équipe a été bien équilibrée ! Elle reprenait la tête dans les descentes et les parties à pied, où elle est plus à l’aise, et je l’aidais à ne pas décrocher dans les montées grâce à l’élastique. En résumé, des montées vraiment durs mais le mental était là, on a rien lâché et on ne se souviendra que des meilleurs moments… ceux où l’on double à la descente !